La reconnaissance faciale permettra bientôt de prendre l’Eurostar sans passeport

D’ici mars 2021, il sera possible de prendre l’Eurostar sans son passeport grâce à la reconnaissance faciale. Une « innovation » qui ne fait vraiment pas l’unanimité et inquiète carrément. Elle ne sera proposée et disponible dans un premier temps que du côté anglais de la célèbre ligne de train. L’objectif officiel est d’utiliser la technologie de la société iProov pour fluidifier le trafic.

Une innovation uniquement anglaise dans un premier temps

Reconnaissance-facialeL’annonce a quelque peu effrayé des deux côtés de la Manche. Cependant, Eurostar ne va déployer la technologie de reconnaissance faciale que du côté anglais dans un premier temps. Un choix cohérent quand on sait que les Français se sont toujours montrés beaucoup plus réticents que leurs voisins au sujet de la surveillance électronique et des méthodes qui lui sont liées.

Les Français devront donc encore s’occuper de renouvellement de passeport pendant quelques mois, voire quelques années. Effectivement, si aucune annonce n’a été faite sur le déploiement d’une telle technologie en France, notamment parce que celui-ci a été payé par le ministère des Transports britannique en Angleterre, il y a fort à parier que la ligne sera bientôt franchie.

Une décision qui fait débat

Évidemment, la décision a provoqué de vifs débats en Angleterre. Certains échos ont même atteint la France. Ilia Siatitsa, la responsable juridique de Privacy International (une association de défense de la vie privée), la collecte de données par l’entreprise iProov via la reconnaissance faciale n’est pas légale. Selon elle, l’ensemble du projet devrait être remis en cause sur la simple base de ce soupçon.

Il faut dire que le fait que le gouvernement franchisse allégrement la ligne inquiétante de la reconnaissance faciale est inquiétant en soi. Le fait qu’il le fasse en permettant à une entreprise privée de jouir des données collectées est encore plus préoccupant. Bien sûr, la loi est supposée protéger les données collectées, mais il est concrètement impossible de vérifier ce qu’en fera l’entreprise. Il y a fort à parier qu’elle sera tentée d’en tirer un bénéfice.

Une fausse innovation pour quelques avantages sur fond de pandémie

Eurostar a évidemment défendu sa décision en avançant deux arguments. Le premier, c’est qu’en période de pandémie de Covid-19, fluidifier le trafic et limiter les contacts physiques rapprochés des passagers est une nécessité. Le fait qu’ils soient ensuite assis dans le même wagon pendant deux heures n’a pas été abordé. Le second, c’est que cela améliorera l’expérience des passagers et profitera à l’économie de ce secteur. Deux conséquences qui sont encore à vérifier.

Enfin, il est à noter que si la reconnaissance faciale inquiète, la ligne Eurostar utilise déjà des technologies privées pour collecter des informations personnelles depuis longtemps. Actuellement, à Londres comme à Paris, les bornes pour scanner le passeport biométrique sont munies de caméras qui enregistrent le passage de chaque voyageur. La ligne que semble franchir la reconnaissance faciale a donc sans doute déjà été franchie depuis quelques années.

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